Archives pour la catégorie Réunions mensuelles

Vendredi 16 juin à 17 heures. Réunion mensuelle. Conférence :  » Victor Hugo et le Moyen-Age  » par François Suard.

Lorsque Victor Hugo commence son œuvre poétique (la première édition des Odes date de 1822), le Moyen Âge est à la mode. Il s’agit aussi bien de la vision édulcorée du « style troubadour », à laquelle a contribué la Bibliothèque Universelle des Romans du comte de Tressan, que du goût pour une vision historique romancée de la période médiévale, bientôt popularisée par Walter Scott, du roman fantastique anglais, du souvenir de la poésie lyrico-épique espagnole (le Romancero), de la découverte d’une poésie populaire ou prétendue telle (Mac Pherson réécrivant des poèmes attribués à Ossian), dans les domaines celtique ou germanique. Se cherche ainsi une sorte de retour aux sources, qui saute par-dessus la révolution et l’époque classique et cultive l’expression des passions, cœur du romantisme.
Victor Hugo puisera, tout au long de sa carrière poétique, à ces différentes sources d’inspiration. Proche encore de la mièvrerie troubadouresque dans les Odes et ballades, il affirme dans Notre Dame de Paris (1831, 1832) son goût pour une vision plus riche, à la fois lumineuse et sombre, du Moyen Âge. Ses voyages en Allemagne et ses lectures lui feront célébrer dans Le Rhin (1842) et aussi dans les Burgraves (1843) le fantastique germanique. Il associera enfin dans la Légende des siècles (1859-1883), les traditions espagnole, française et germanique dans une vaste collection de « petites épopées ». On peut dire que le poète a trouvé dans un univers médiéval qu’il modèle au gré de sa fantaisie l’espace privilégié où se déploie une verve épique qui mêle ton élevé ou familier, tragique ou burlesque.

Vendredi 20 mai à 17 heures : Influence de l’art africain sur l’art contemporain, par le Pr Claude Thery

Au début du XXème siècle la découverte des arts primitifs – d’Afrique noire en particulier – a bouleversé en profondeur les jeunes artistes.
Alors que, depuis le siècle de Périclès (avec Phidias, Praxitèle …) la ressemblance, copie plus ou moins idéalisée de la nature, était la règle, ils ont soudain découvert des œuvres totalement dépourvues de contraintes, des œuvres irrationnelles, amphétaminées qui ont cassé un système de références qui existait depuis 2500 ans. Alors que jusque-là, le figuratif régnait en maître, ils ont été soudain désinhibés, osant faire des choses qu’ils n’auraient jamais imaginées. Le cubisme, les déformations et l’abstraction ont succédé au figuratif.
Ces jeunes artistes s’appelaient Vlaminck, Picasso, Modigliani, Derain, Matisse puis Giacometti, Miro, Brancusi, et ce choc continue à influencer les artistes actuels comme le bruit assourdi d’une déflagration lointaine.

masque_fang_(2)Exemples :modigliani 1

 

Modigliani s’est inspiré des masques Fang (Gabon).

Noter les yeux vides, l’allongement du visage et du nez.

Ces déformations s’observent également dans ses sculptures.

 

 

picasso 1Gardien de reliquaire Mahongwe du Gabon

 

Peut-être aussi une certaine relation entre le gardien de reliquaire Mahongwe du Gabon et cette sculpture de Picasso ?

Le Mahongwe est à gauche, le Picasso à droite.

masque_pende de RDCpicasso 2

 

 

 

De même en peinture, à gauche le masque Pendé (République Démocratique du Congo, ex Congo Belge) versus à droite le détail des Demoiselles d’Avignon.